Les points essentiels pour devenir autonomo en Espagne
- L’autonomo est le statut de travailleur indépendant espagnol — il n’y a pas de séparation entre patrimoine personnel et professionnel, contrairement à une société
- Deux démarches obligatoires : déclaration auprès de l’Agencia Tributaria (Hacienda) via le Modelo 036 ou 037, puis inscription au RETA (Sécurité sociale des indépendants)
- La tarifa plana — cotisation réduite à 80 €/mois — s’applique pendant les 12 premiers mois d’activité, prorogeable 12 mois supplémentaires si vos revenus restent inférieurs au SMI
- Sans tarifa plana, la cotisation minimale au RETA est de 200 €/mois en 2025
- Les deux impôts principaux de l’autonomo : l’IRPF (impôt progressif sur le revenu) et la TVA à 21 %
- Prérequis pour les non-ressortissants espagnols : résidence fiscale en Espagne (+183 jours/an) et obtention préalable du NIE
Se lancer en indépendant en Espagne attire de plus en plus de Français — et pour cause. Le marché est ouvert, les démarches sont accessibles, et le statut d’autonomo offre une flexibilité réelle. Encore faut-il ne manquer aucune étape et comprendre ce à quoi on s’engage fiscalement.
Voici la procédure complète, pas à pas.
Qu’est-ce qu’un autonomo ?
L’autonomo désigne en Espagne toute personne physique qui exerce une activité économique pour son propre compte, sans contrat de travail et en percevant une rémunération directe. C’est l’équivalent du micro-entrepreneur ou travailleur indépendant français.
Une différence fondamentale avec certaines structures sociétaires : le statut d’autonomo ne crée pas de séparation entre patrimoine personnel et patrimoine professionnel. En cas de dettes, vos biens personnels peuvent être engagés. C’est un point à peser sérieusement avant de choisir ce statut plutôt qu’une Sociedad Limitada (SL).
Les opportunités professionnelles ne manquent pas : tourisme, numérique, startups, services aux entreprises, éducation, artisanat… L’Espagne est l’un des marchés les plus dynamiques d’Europe pour les indépendants francophones.
Prérequis pour les expatriés non-espagnols
La nationalité espagnole n’est pas requise pour devenir autonomo. En revanche, deux conditions préalables sont incontournables.
La résidence fiscale en Espagne : vous devez séjourner plus de 183 jours par an sur le territoire espagnol, ou y concentrer la majorité de vos activités économiques.
Le NIE (Número de Identificación de Extranjero) : ce numéro d’identification est indispensable pour toute démarche administrative en Espagne — ouvrir un compte bancaire, payer vos impôts, signer un bail, immatriculer un véhicule. Sa demande s’effectue auprès des commissariats locaux ou via un avocat, et peut prendre jusqu’à trois mois. En savoir plus sur l’obtention du NIE.
Dernière étape préliminaire : ouvrir un compte bancaire espagnol. La plupart des banques l’acceptent sur présentation d’une pièce d’identité, du NIE et d’un justificatif de domicile espagnol.
Étape 1 — Déclaration auprès du fisc (Hacienda)
La première démarche officielle consiste à se déclarer auprès de l’Agencia Tributaria — couramment appelée Hacienda — l’organisme responsable de l’ensemble du système fiscal espagnol : déclarations de revenus, TVA, impôts sur les sociétés.
Sur place ou en ligne, vous devrez remplir le Modelo 036 ou sa version simplifiée le Modelo 037. Le choix entre les deux dépend de la nature de votre activité et de votre régime de TVA.
Ce formulaire vous demandera un code IAE correspondant à votre activité — la liste complète est consultable sur le site de l’Agencia Tributaria. Si votre activité implique des transactions avec d’autres pays de l’UE, une inscription au Régimen de Operadores Intracomunitarios (régime de TVA intracommunautaire) sera obligatoire.
Ce rendez-vous est aussi l’occasion de vous informer sur vos obligations déclaratives trimestrielles (TVA, acomptes IRPF) et les déclarations annuelles.
Étape 2 — Inscription à la Sécurité sociale (RETA)
Une fois inscrit auprès de Hacienda, vous devez vous inscrire auprès de la Sécurité sociale espagnole, via son portail en ligne Import@ss ou en bureau local.
Le formulaire à remplir est le Modelo TA0521. À l’issue de la démarche, vous obtenez un numéro de Sécurité sociale et êtes intégré au RETA (Régimen Especial de Trabajadores Autónomos), le régime spécifique aux travailleurs indépendants.
La tarifa plana : 80 €/mois la première année
Depuis janvier 2023, tout nouvel autonomo peut bénéficier d’une cotisation réduite à 80 € par mois pendant les 12 premiers mois d’activité — contre 200 € minimum en régime normal. C’est la tarifa plana, reconductible 12 mois supplémentaires si vos revenus nets annuels restent inférieurs au SMI (Salaire Minimum Interprofessionnel).
« La tarifa plana de 80 €/mois s’applique aux nouvelles inscriptions au RETA pendant les 12 premiers mois d’activité. Elle est prorogeable 12 mois supplémentaires si les revenus nets restent inférieurs au SMI. Sans cette bonification, la cotisation minimale est de 200 €/mois en 2025, correspondant au tramo de revenus le plus bas (jusqu’à 670 €/mois nets). »
— Seguridad Social — Nuevo sistema de cotización para autónomos (seg-social.es)
Pour en bénéficier, trois conditions cumulatives :
- Ne pas avoir été inscrit au RETA au cours des deux années précédentes (ou trois ans si vous avez déjà bénéficié de cette réduction)
- Ne pas être autonomo colaborador (indépendant travaillant dans l’entreprise familiale)
- Être à jour de vos obligations envers la Sécurité sociale et l’Agencia Tributaria — aucune dette impayée
La tarifa plana doit être demandée au moment même de l’inscription au RETA — pas après. Si vous omettez de la cocher lors du formulaire d’inscription sur Import@ss, vous perdez le bénéfice automatique et devrez justifier votre éligibilité par écrit.
Vos obligations fiscales en tant qu’autonomo
Une fois inscrit, deux impôts principaux s’appliquent à votre activité.
L’IRPF (Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas) est l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Il est progressif : plus vos revenus sont élevés, plus le taux appliqué est important. Il varie également selon la Communauté autonome de résidence. Des acomptes trimestriels (Modelo 130) sont à verser chaque trimestre, avec régularisation annuelle.
La TVA (IVA) s’élève à 21 % pour la grande majorité des services. Elle doit être facturée à vos clients, collectée, puis déclarée et reversée à l’Agencia Tributaria chaque trimestre via le Modelo 303. Pour les déclarations fiscales en Espagne, un accompagnement professionnel évite les erreurs coûteuses.
Vous souhaitez vous lancer en tant qu’autonomo en Espagne ?
NIE, Hacienda, RETA, tarifa plana, déclarations trimestrielles : chaque étape a ses règles et ses délais. Une inscription incomplète ou un formulaire mal rempli peut vous faire perdre des avantages fiscaux auxquels vous avez droit — ou générer des pénalités que vous n’aviez pas anticipées.
L’équipe de Delaguía & Luzón Abogados, cabinet franco-espagnol à Valence, accompagne les entrepreneurs, indépendants et expatriés francophones dans toutes les étapes de leur installation professionnelle en Espagne : choix du statut juridique, inscription auprès des administrations, fiscalité, obligations sociales et gestion sociale.
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Nos services aux entreprises → Formulaire de contact →FAQ — Devenir autonomo en Espagne pour les francophones
Quelle est la différence entre autonomo et Sociedad Limitada (SL) ?
L’autonomo est une personne physique qui exerce en son nom propre — sans séparation entre patrimoine personnel et professionnel. La SL (Sociedad Limitada) est une personne morale distincte, avec un capital minimum de 3 000 €, une responsabilité limitée aux apports et des obligations comptables plus lourdes. Pour une activité solo débutante, l’autonomo est souvent plus simple — mais dès que le chiffre d’affaires progresse ou que les risques augmentent, la SL mérite d’être envisagée.
Peut-on cumuler le statut d’autonomo avec un emploi salarié en Espagne ?
Oui — c’est la pluriactividad. Un salarié peut exercer simultanément une activité indépendante. Il devra cotiser aux deux régimes (régime général et RETA), mais bénéficie dans ce cas d’une réduction de cotisation au RETA, calculée en fonction du cumul des bases. La situation fiscale se complexifie : les revenus des deux activités s’additionnent dans la déclaration IRPF.
La tarifa plana s’applique-t-elle aussi en 2026 ?
Oui. Les personnes qui s’inscrivent au RETA pour la première fois en 2026 peuvent demander la tarifa plana de 80 € lors de leur inscription . Le montant et les conditions restent identiques à 2025. La demande doit impérativement être effectuée au moment de l’inscription sur Import@ss — elle ne peut pas être ajoutée rétroactivement.
Quelles déclarations fiscales doit effectuer un autonomo chaque trimestre ?
Quatre déclarations trimestrielles principales : le Modelo 130 (acompte IRPF), le Modelo 303 (déclaration de TVA), et selon les cas le Modelo 111 (retenues sur honoraires) et le Modelo 115 (retenues sur loyers). En fin d’année, la déclaration annuelle IRPF (renta) régularise l’ensemble. Ces formulaires sont déposés sur la sede electrónica de l’Agencia Tributaria.
Un autonomo français peut-il bénéficier de la Loi Beckham ?
Oui, sous conditions strictes. Le régime fiscal de la Loi Beckham permet aux nouveaux résidents fiscaux espagnols de payer l’IRPF à un taux forfaitaire de 24 % sur les revenus de source espagnole, pendant 6 ans, au lieu du barème progressif. Il est accessible aux autonomos qui s’installent en Espagne pour la première fois et n’y ont pas résidé dans les 5 années précédentes. La demande doit être déposée dans les 6 mois suivant l’inscription au padrón municipal.
Que se passe-t-il si on ne paie pas la tarifa plana à temps ?
Tout retard de paiement — même d’un jour — entraîne automatiquement la facturation de la cotisation normale (200 € minimum) majorée d’intérêts et d’un recargo de 20 %. Si la situation n’est pas régularisée, la Sécurité sociale peut retirer définitivement la bonification. Le délai de la tarifa plana continue de courir pendant les mois impayés — ils ne sont pas récupérables. La ponctualité de paiement est donc une condition de maintien du bénéfice, pas seulement une obligation administrative.
Les frais initiaux pour devenir travailleur indépendant (appelé autónomo en Espagne) incluent les coûts d’inscription auprès de l’administration fiscale (Agencia Tributaria) et de la Sécurité Sociale. Ces démarches sont généralement gratuites, mais il est conseillé de prévoir environ 100 à 300 euros pour couvrir les éventuels services d’une agence ou d’un conseiller fiscal qui vous assistera dans les étapes administratives.
Oui, en tant que résident français établi en Espagne, vous avez besoin d’un Numéro d’Identification d’Étranger (NIE) pour exercer une activité professionnelle. Ce numéro est essentiel pour la facturation, le paiement des impôts et la gestion de vos obligations fiscales dans le cadre espagnol.
En Espagne, les travailleurs indépendants doivent verser une cotisation mensuelle à la Sécurité Sociale. Le montant standard est d’environ 300 euros par mois. Cependant, une option appelée « tarifa plana » permet aux nouveaux travailleurs indépendants de bénéficier d’une réduction, payant environ 80 euros par mois pendant la première année. Ces cotisations sont obligatoires, quel que soit votre chiffre d’affaires.
Oui, vous devez déclarer votre chiffre d’affaires et payer la TVA (IVA) chaque trimestre à l’administration fiscale espagnole. De plus, vous êtes tenu de faire une déclaration annuelle de l’impôt sur le revenu (IRPF). Respecter ces échéances est crucial pour éviter des pénalités.
Pour développer votre activité, il est conseillé de maîtriser la langue espagnole, de créer un réseau professionnel local et de vous familiariser avec le marché espagnol. Participer à des événements professionnels et utiliser des plateformes en ligne peut vous aider à trouver de nouveaux clients.
Oui, vous pouvez cumuler le statut de salarié et celui de travailleur indépendant en Espagne, ce qui est connu sous le nom de « pluriactivité ». Dans ce cas, vous êtes responsable des cotisations sociales pour les deux activités, mais des réductions sur les cotisations d’autónomo peuvent s’appliquer.
Vous êtes responsable de la gestion de vos obligations fiscales, ce qui inclut la déclaration et le paiement de la TVA, de l’impôt sur le revenu et des cotisations sociales. Il est souvent conseillé de faire appel à un conseiller fiscal ou à une agence spécialisée pour vous assurer de respecter toutes les obligations légales.
Une facture conforme doit inclure vos informations (nom, adresse, NIE), celles du client, un numéro de facturation, la date, la description des services fournis, le montant en euros et le taux de TVA applicable. Respecter ces points est essentiel pour la validité de vos factures et pour être en règle avec l’administration fiscale.
En tant que résident fiscal en Espagne, vous êtes principalement tributaire des lois fiscales espagnoles. Cependant, la convention fiscale entre la France et l’Espagne peut influencer certaines de vos obligations, notamment en matière de double imposition. Il est conseillé de consulter un expert pour clarifier votre situation.
Pour rester informé des nouvelles réglementations, vous pouvez consulter le site de l’administration fiscale espagnole (Agencia Tributaria) et suivre des formations spécialisées. Faire appel à un conseiller fiscal est également une bonne option pour recevoir des informations à jour et adaptées à votre situation.
