Réglementation applicable pour les héritages internationaux en Espagne

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Table des matières

⚡ L’essentiel en 60 secondes

  • Règlement (UE) 650/2012 : la loi applicable est celle du pays de résidence habituelle du défunt, sauf choix exprès de la loi nationale dans le testament.
  • Résidents en Espagne : imposition sur l’ensemble du patrimoine mondial (worldwide basis) à l’Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones.
  • Non-résidents : imposition limitée aux biens situés en Espagne, avec les mêmes abattements autonomiques que les résidents depuis 2014 (arrêt CJUE C-127/12).
  • Délai de déclaration : 6 mois à compter du décès, prorogeable une fois pour 6 mois supplémentaires.
  • Barème : l’ISD oscille entre 7,65 % et 34 %, avec des coefficients multiplicateurs pouvant porter le taux effectif jusqu’à 81,6 %.
  • Bonifications autonomiques : jusqu’à 99 % de réduction à Madrid, Andalousie et Communauté Valencienne pour les héritiers directs.

Imaginez Sophie, Française installée à Bruxelles, qui apprend qu’elle hérite de l’appartement de son oncle à Valencia — décédé sans testament, après 12 ans passés entre l’Espagne et la France. 

Quelle loi s’applique ? 

Où déclare-t-elle ? 

Combien va-t-elle payer ? 

Ces trois questions résument à elles seules la complexité des successions internationales en Espagne : un mélange de droit européen (Règlement 650/2012), de fiscalité espagnole autonomique et de conventions bilatérales, où chaque choix fait basculer la note finale de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Hériter en Espagne est rarement une procédure linéaire. Entre les 17 Communautés Autonomes qui appliquent chacune leurs propres abattements, la distinction cruciale entre résident fiscal et non-résident, le risque de double imposition et les délais serrés de l’Agencia Tributaria, une succession mal préparée peut coûter jusqu’à trois fois plus cher qu’une succession anticipée. 

Voici le cadre complet pour naviguer ce labyrinthe franco-espagnol.

SUCCESSION INTERNATIONALE
Défunt résident en Espagne
Règlement (UE) 650/2012 — Loi de résidence habituelle
 
HÉRITIER RÉSIDENT ES
🏠
Déclaration mondiale
Tous les biens mondiaux soumis à l’ISD espagnol
HÉRITIER UE
🇪🇺
Biens espagnols
Abattements autonomiques applicables depuis 2014
HÉRITIER HORS UE
🌍
Biens espagnols
Régime autonomique étendu depuis 2018 (STS 242/2018)
DOUBLE IMPOSITION
⚖️
Convention FR-ES 1963
Crédit d’impôt pour éviter la double taxation
⏱ DÉLAI LÉGAL DE DÉCLARATION
6 mois à compter du décès
Prorogation possible de 6 mois supplémentaires sur demande motivée

Cartographie des situations successorales internationales — Delaguía & Luzón

Loi applicable : le Règlement européen 650/2012

Le principe : la résidence habituelle du défunt

Depuis le 17 août 2015, le Règlement (UE) n° 650/2012 unifie le droit successoral européen. La règle est simple : la loi applicable à l’ensemble de la succession est celle du pays où le défunt avait sa résidence habituelle au moment de son décès, quelle que soit sa nationalité et indépendamment de la localisation des biens.

Concrètement : un retraité français installé à Benidorm depuis 8 ans verra sa succession entière — maison en Espagne, compte bancaire en France, portefeuille d’actions au Luxembourg — régie par le droit espagnol, sauf volonté contraire exprimée dans un testament.

« La loi applicable à l’ensemble d’une succession est celle de l’État dans lequel le défunt avait sa résidence habituelle au moment de son décès. »

Article 21.1 du Règlement (UE) n° 650/2012, Journal officiel de l’Union européenne

Les deux exceptions : liens plus étroits et professio iuris

Deux tempéraments importants viennent nuancer cette règle générale :

  • Les liens manifestement plus étroits (article 21.2) : si, au regard de l’ensemble des circonstances, le défunt présentait des liens plus étroits avec un autre État que celui de sa résidence habituelle, la loi de ce dernier s’applique. Cas typique : un Français parti à Valencia 18 mois avant son décès, avec tout son patrimoine et sa famille restés en France.
  • La professio iuris (article 22) : toute personne peut, par testament, choisir la loi de l’État dont elle possède la nationalité au moment du choix ou au moment du décès. Ce choix est opposable aux autorités de tous les États membres et constitue l’outil central de planification successorale binationale.

Situation Loi applicable par défaut Effet du choix testamentaire
Français résidant en Espagne depuis 10 ans Droit espagnol (Code civil + droit foral) Peut choisir la loi française (quotité disponible + réserve)
Belge ayant résidence entre Bruxelles et Alicante Analyse du centre d’intérêts (liens plus étroits) Peut opter pour la loi belge
Espagnol résident en France Droit français Peut opter pour la loi espagnole (Código Civil ou droit foral)
Français avec résidence secondaire à Valencia Droit français (résidence principale) Pas de choix nécessaire, mais testament espagnol recommandé

La résidence habituelle s’apprécie concrètement : durée, régularité, lien familial, intégration sociale, centre des intérêts économiques.

Fiscalité espagnole des successions internationales

Attention au piège : le Règlement 650/2012 ne régit que la loi civile de la succession (qui hérite, comment se partage-t-on le patrimoine). 

La fiscalité suit une logique totalement différente, dictée par la Ley 29/1987 del Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones (ISD) et ses variantes autonomiques. Il faut donc distinguer trois questions indépendantes :

  • Quelle loi régit le partage ? — Règlement 650/2012.
  • Quelle loi fiscale s’applique et où déclarer ? — Ley 29/1987 + réglementation autonomique.
  • Comment éviter la double imposition ? — Conventions bilatérales (France-Espagne de 1963) ou crédit unilatéral d’impôt.

« L’Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones est un impôt personnel et progressif qui frappe les acquisitions à titre gratuit par les personnes physiques, avec des taux allant de 7,65 % à 34 % selon la base imposable. »

Article 1 de la Ley 29/1987 del Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones

Héritiers résidents fiscaux en Espagne : imposition mondiale

Un héritier qui a sa résidence fiscale en Espagne (plus de 183 jours par an sur le territoire, ou centre d’intérêts économiques en Espagne) est soumis à l’ISD sur l’ensemble du patrimoine hérité à l’échelle mondiale, quelle que soit la nationalité du défunt ou la localisation des biens.

  • Biens situés en Espagne : déclaration et paiement dans la Communauté Autonome où se trouve le bien ou, à défaut, dans celle de résidence de l’héritier.
  • Biens situés à l’étranger : déclaration en Espagne, paiement selon le barème autonomique de résidence de l’héritier, avec possibilité de déduire l’impôt déjà payé dans le pays de situation des biens.

Héritiers non-résidents : la révolution jurisprudentielle de 2014-2018

Pendant des décennies, les non-résidents étaient défavorisés : obligés d’appliquer la réglementation d’État (nettement moins avantageuse) plutôt que les bonifications autonomiques, ils payaient parfois 10 à 20 fois plus d’impôt que des résidents pour un même héritage. 

Deux décisions ont renversé cette situation :

  • Arrêt CJUE du 3 septembre 2014 (C-127/12) : condamne l’Espagne pour discrimination envers les résidents d’autres États membres de l’UE/EEE. Les non-résidents UE peuvent désormais appliquer la réglementation autonomique la plus avantageuse.
  • Arrêt du Tribunal Supremo 242/2018 du 19 février 2018 : étend ce principe aux résidents de pays tiers (hors UE/EEE). Un Canadien, un Suisse ou un Américain héritant d’un bien à Valencia bénéficie désormais des mêmes abattements qu’un résident espagnol.

« Les restrictions aux libertés fondamentales de circulation des capitaux ne sauraient être justifiées par le caractère territorial de la fiscalité espagnole. Les non-résidents ont droit aux mêmes avantages fiscaux que les résidents. »

CJUE, arrêt du 3 septembre 2014, affaire C-127/12, Commission européenne c. Royaume d’Espagne

Barème ISD et coefficients multiplicateurs

Le calcul de l’Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones repose sur trois étapes cumulatives : application du barème progressif, application du coefficient multiplicateur selon le degré de parenté et la fortune préexistante de l’héritier, puis déduction des bonifications autonomiques.

%
7,65 %
 
Taux minimum
base imposable jusqu’à 7 993 €
BARÈME ÉTATIQUE
34 %
 
Taux maximum
base imposable > 797 555 €
AVANT COEFFICIENT
×
2,4
 
Coefficient max
héritier non apparenté, fortune > 4 M€
TAUX EFFECTIF JUSQU’À 81,6 %
99 %
 
Bonification max
Madrid, Andalousie, CV pour descendants
GROUPES I ET II

Les quatre paramètres qui déterminent la facture finale de l’ISD

Les quatre groupes de parenté

Groupe Lien avec le défunt Abattement étatique Coefficient
Groupe I Descendants et adoptés de moins de 21 ans 15 956,87 € + majoration 1,0000
Groupe II Descendants ≥ 21 ans, conjoint, ascendants 15 956,87 € 1,0000
Groupe III Frères, sœurs, neveux, oncles, tantes 7 993,46 € 1,5882
Groupe IV Cousins, parents éloignés, non-parents Aucun 2,0000

Abattements étatiques — les Communautés Autonomes peuvent améliorer ces montants mais pas les réduire.

L’impact majeur de la Communauté Autonome

C’est LE paramètre qui fait exploser ou disparaître la facture. Deux héritiers en situation identique peuvent payer 70 000 € à Madrid ou 35 € à Valencia, selon la Communauté Autonome compétente. Voici les principales zones d’intérêt pour les francophones :

Communauté Autonome Bonification groupes I-II Bonification groupe III Particularité
Madrid 99 % 25 % Quasi-suppression de l’ISD entre parents directs
Andalousie 99 % Réforme 2019 : suppression quasi-totale
Communauté Valencienne 99 % Réforme 2023 : bonification étendue
Catalogne Variable Bonification dégressive selon base imposable
Asturies Aucune Aucune Application du barème étatique strict
Îles Baléares 100 % Réforme 2023 : exonération totale groupes I-II

Données 2025. Les réglementations autonomiques évoluent fréquemment — vérifier avant toute opération. Voir notre analyse des changements en Communauté Valencienne.

La convention franco-espagnole sur les successions

La convention entre la France et l’Espagne du 8 janvier 1963 (en vigueur depuis 1965) encadre la répartition du droit d’imposer entre les deux États. Le principe directeur : éviter que le même patrimoine soit taxé deux fois. Les règles clés :

  • Biens immobiliers : imposables dans l’État où ils sont situés (lex rei sitae). Un appartement à Valencia = imposition espagnole, quelle que soit la résidence de l’héritier.
  • Biens mobiliers : imposables dans l’État de résidence du défunt.
  • Actions et parts sociales : en principe imposables dans l’État de résidence du défunt, sauf sociétés à prépondérance immobilière.
  • Mécanisme d’élimination de la double imposition : l’État de résidence de l’héritier accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt payé dans l’autre État, plafonné au montant de son propre impôt sur les mêmes biens.

« L’Espagne n’a conclu que trois conventions bilatérales spécifiques en matière successorale : avec la France (1963), la Grèce (1919) et la Suède (1963). Pour tous les autres pays, seule la déduction unilatérale de l’article 23 de la Ley 29/1987 permet d’éviter la double imposition. »

Agencia Tributaria, Manual de Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones

Planification successorale : stratégies efficaces

Une succession anticipée permet de diviser la facture fiscale par deux, trois ou plus. 

Quatre leviers principaux à activer selon la situation :

Le testament international ou binational

  • Testament unique avec professio iuris : un seul acte notarié espagnol choisissant la loi nationale, couvrant l’ensemble du patrimoine mondial. Solution préférée pour simplifier la gestion post-mortem.
  • Testaments distincts coordonnés : un testament par pays pour les biens qui y sont situés, avec clause de non-révocation mutuelle. Plus souple mais exige une rédaction rigoureuse pour éviter les contradictions.

La donation en ligne directe

Transférer des biens de son vivant permet de figer la valeur fiscale et de bénéficier de bonifications souvent plus généreuses que sur l’héritage. À Valencia, la donation entre parents et enfants bénéficie d’un abattement de 100 000 € et d’une bonification de 99 %. Voir notre analyse détaillée des frais de donation immobilière.

La structure holding familiale

Pour les patrimoines supérieurs à 500 000 €, loger les actifs dans une société holding espagnole qualifiée d’empresa familiar ouvre droit à la réduction de 95 % de l’article 20.2.c de la Ley 29/1987, applicable dans toutes les Communautés Autonomes et cumulable avec les bonifications locales.

L’assurance-vie binationale

Instrument méconnu en Espagne mais redoutablement efficace : une assurance-vie souscrite en France avant 70 ans bénéficie d’un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I du CGI français), et peut, selon la structure de l’ISD en Espagne, échapper à l’imposition espagnole si le capital versé au bénéficiaire transite hors patrimoine successoral.

Procédure : les étapes de la déclaration successorale

Chronologie d’une succession internationale en Espagne

1
Certificat de décès
Registre civil espagnol + certificat de dernières volontés
⏱ J+15
2
NIE héritiers
Obligatoire pour toute démarche fiscale
⏱ 1-2 semaines
3
Inventaire
Évaluation des biens, dettes et charges
⏱ 1-2 mois
4
Acte notarié
Acceptation et partage devant notaire
⏱ 1 mois
5
Modelo 650
Déclaration et paiement de l’ISD
⏱ DÉLAI 6 MOIS
📅 CALENDRIER TOTAL
4 à 8 mois en moyenne
Certificats officiels
50 – 150 €
Notaire (acte de succession)
600 – 2 500 €
Registre de la propriété
400 – 1 500 €
Traductions assermentées
300 – 800 €
Plus-value municipale
Variable
Honoraires avocat/gestor
1 500 – 5 000 €
💰 FRAIS ADMINISTRATIFS TOTAUX
3 000 € – 10 000 €
hors ISD et plus-value municipale

Étapes, délais et coûts administratifs d’une succession internationale en Espagne

Options des héritiers : accepter, limiter ou renoncer

Une fois la succession ouverte, les héritiers disposent de trois choix encadrés par le Code civil espagnol :

Option Effet juridique Quand l’envisager
Acceptation pure et simple L’héritier reçoit biens et dettes, et répond des dettes sur son patrimoine personnel Succession clairement bénéficiaire, patrimoine connu et maîtrisé
Acceptation à bénéfice d’inventaire Responsabilité limitée aux biens reçus (ultra vires) Succession au patrimoine incertain ou endettement potentiel
Renonciation Aucun droit ni obligation, biens dévolus aux héritiers suivants Succession déficitaire ou conflits familiaux rédhibitoires

Choix irrévocable formalisé devant notaire espagnol. La renonciation ne peut pas être partielle.

Foire aux questions (FAQ)

Quel délai pour déclarer une succession en Espagne ?

Le délai légal est de 6 mois à compter du décès, prorogeable une fois pour 6 mois supplémentaires sur demande motivée auprès de l’administration fiscale de la Communauté Autonome compétente. La demande de prorogation doit être déposée avant la fin du 5e mois. Passé le délai sans déclaration, des majorations de retard de 5 à 20 % s’appliquent, auxquelles s’ajoutent des intérêts de retard.

Un héritier français paye-t-il l’impôt deux fois ?

Non, grâce à la convention franco-espagnole du 8 janvier 1963. Pour les biens immobiliers, l’imposition se fait exclusivement dans l’État où le bien est situé. Pour les biens mobiliers, seul l’État de résidence du défunt impose. Dans les rares cas de chevauchement, la France accorde un crédit d’impôt égal à l’ISD espagnol, plafonné au montant de son propre droit de succession sur les mêmes biens.

Comment les non-résidents UE sont-ils imposés depuis l’arrêt CJUE 2014 ?

Depuis l’arrêt C-127/12 du 3 septembre 2014, les héritiers résidant dans un autre État membre de l’UE ou de l’EEE peuvent appliquer la réglementation autonomique la plus avantageuse — celle de la Communauté où se trouvent les biens hérités, ou celle du lieu de résidence habituelle du défunt. Cette jurisprudence a été étendue aux pays tiers par l’arrêt du Tribunal Supremo 242/2018.

Faut-il rédiger un testament espagnol si on a déjà un testament français ?

Ce n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé dès que des biens sont situés en Espagne. Un testament espagnol simplifie considérablement les démarches post-mortem : inscription au Registre Central des Dernières Volontés, absence d’apostille, de traduction assermentée et d’expertise sur la loi étrangère. Coût moyen devant notaire espagnol : 50 à 200 € selon la complexité.

Combien coûte l’impôt sur les successions en Espagne ?

Le barème étatique varie de 7,65 % à 34 %, auquel s’applique un coefficient multiplicateur de 1 à 2,4 selon le lien de parenté et la fortune préexistante de l’héritier. Le taux effectif peut ainsi atteindre 81,6 %. Toutefois, les bonifications autonomiques réduisent massivement cette facture : à Madrid, Andalousie, Baléares ou Communauté Valencienne, les héritiers directs (groupes I et II) ne paient quasiment plus d’ISD depuis les réformes 2019-2023.

Peut-on vendre un bien avant de payer l’impôt successoral ?

Non. La vente d’un bien immobilier hérité n’est possible qu’après inscription préalable au Registre de la Propriété au nom des héritiers, ce qui exige la présentation du Modelo 650 de déclaration de l’ISD tamponné par l’administration fiscale. En pratique, il faut donc d’abord régler l’impôt avant toute transaction. Certaines Communautés Autonomes acceptent un paiement échelonné ou un report sous caution bancaire.

Qu’est-ce que la plus-value municipale sur une succession ?

L’Impuesto sobre el Incremento del Valor de los Terrenos de Naturaleza Urbana (IIVTNU), communément appelé plusvalía municipal, frappe l’augmentation de valeur des terrains urbains lors de la transmission. Pour une succession, il est dû par les héritiers dans un délai de 6 mois, au taux fixé par chaque municipalité (généralement entre 20 et 30 %), appliqué sur la différence de valeur cadastrale depuis l’acquisition initiale.

Une donation de son vivant peut-elle remplacer la succession ?

Oui, c’est une stratégie d’optimisation très efficace dans les Communautés qui alignent la fiscalité des donations sur celle des successions (Valencia, Madrid, Andalousie). Transférer un bien immobilier de son vivant permet de figer la valeur fiscale, bénéficier de bonifications similaires et sortir le bien du patrimoine successoral. Attention toutefois au rapport à la succession en droit français si le donateur conserve des liens fiscaux avec la France.

Faut-il un avocat pour gérer une succession internationale ?

Pas légalement obligatoire, mais vivement recommandé. Une succession internationale mobilise plusieurs domaines techniques : droit européen (Règlement 650/2012), droit civil espagnol (parfois foral selon la Communauté), fiscalité autonomique, conventions bilatérales, procédures notariales croisées. Le recours à un avocat franco-espagnol permet de sécuriser le dossier et d’optimiser fiscalement la transmission, pour un coût généralement récupéré en économies d’ISD.

Comment éviter que les non-résidents payent plus d’impôt ?

Depuis 2018, le principe d’égalité s’applique également aux pays tiers : un Suisse, un Canadien ou un Américain héritant de biens en Espagne peut invoquer la réglementation autonomique la plus favorable. Trois leviers concrets : localiser stratégiquement les biens dans une Communauté à forte bonification (Madrid, Valencia, Andalousie), anticiper la transmission par donations progressives, et envisager la structure d’une holding familiale pour bénéficier de la réduction de 95 % de l’article 20.2.c.

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Entre les règles civiles européennes, la fiscalité autonomique et les conventions bilatérales, une succession internationale exige une expertise pointue. Notre cabinet accompagne depuis plus de 65 ans les familles francophones dans toutes les étapes successorales en Espagne.

Audit successoral
Analyse du patrimoine mondial, identification de la loi applicable, simulation fiscale multi-Communautés.
Testament binational
Rédaction avec professio iuris, coordination avec notaire français, inscription aux registres.
Déclaration Modelo 650
Déclaration complète, optimisation des abattements, gestion du crédit d’impôt conventionnel.
Gestion post-succession
Inscription au Registre de la Propriété, changement de noms, plus-value municipale, vente.

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Localisation des biens hérités

Calcul basé sur le barème étatique espagnol (Ley 29/1987) et les bonifications autonomiques 2025. Les montants réels peuvent varier selon de nombreux paramètres personnels.


⚖️ Comparatif Espagne vs France : les abattements successoraux

Deux systèmes fiscaux, deux philosophies — voici les différences clés à connaître

🇪🇸
Espagne
Ley 29/1987 + réglementation autonomique
ABATTEMENT ÉTATIQUE PAR HÉRITIER
15 956,87 €
Groupes I et II (descendants, conjoint, ascendants)
BARÈME PROGRESSIF
7,65 % → 34 %
Coefficient multiplicateur jusqu'à × 2,4
BONIFICATION AUTONOMIQUE
Jusqu'à 99 %
Madrid, Andalousie, Communauté Valencienne
TRANSMISSION D'ENTREPRISE FAMILIALE
Réduction 95 %
Article 20.2.c Ley 29/1987
DÉLAI DE DÉCLARATION
6 mois
Prorogeable 6 mois supplémentaires
LIBERTÉ TESTAMENTAIRE
1/3 (legítima)
Réserve héréditaire similaire à la France, droits foraux différents en Catalogne, Navarre, Aragon
🇫🇷
France
Code général des impôts, art. 777 et s.
ABATTEMENT ENFANT
100 000 €
Par enfant et par parent, renouvelable tous les 15 ans
BARÈME PROGRESSIF
5 % → 45 %
7 tranches en ligne directe
ABATTEMENT CONJOINT / PACS
100 % exonération
Loi TEPA 2007 — aucun droit de succession
PACTE DUTREIL (ENTREPRISE)
Abattement 75 %
Article 787 B CGI, engagement de conservation
DÉLAI DE DÉCLARATION
6 mois
12 mois si décès hors de France
LIBERTÉ TESTAMENTAIRE
1/4 à 1/2
Réserve héréditaire selon nombre d'enfants (3/4 si 3 enfants)

💡 Lecture stratégique du comparatif

  • Pour les petits héritages (< 100 000 €) en ligne directe : la France est généralement plus avantageuse grâce à l'abattement de 100 000 € par enfant.
  • Pour les héritages moyens et importants : les Communautés Autonomes espagnoles à 99 % de bonification (Madrid, Valencia, Andalousie) deviennent nettement plus favorables.
  • Conjoint survivant : la France exonère totalement (TEPA 2007), avantage décisif pour les couples sans planification particulière.
  • Transmission d'entreprise : le Pacte Dutreil français (-75 %) et la réduction espagnole empresa familiar (-95 %) se combinent souvent dans une stratégie binationale.
  • Conflit potentiel : la réserve héréditaire française (stricte) peut entrer en tension avec le choix de la loi espagnole via la professio iuris.
⚠ Point de vigilance — Un résident français possédant des biens en Espagne peut se trouver soumis simultanément aux deux régimes : la convention franco-espagnole de 1963 règle la double imposition des droits de succession, mais les règles civiles (réserve, quotité disponible) peuvent diverger et nécessitent une coordination notariale franco-espagnole.

Quel est le délai pour accepter ou renoncer à un héritage en Espagne ?
Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de délai légal fixe pour accepter ou renoncer à une succession en Espagne. Cependant, il est fortement recommandé de finaliser ces démarches dans les six premiers mois suivant le décès, principalement pour des raisons fiscales. Le délai maximum pour réclamer un héritage est de 30 ans.
Une option intermédiaire, l’acceptation sous bénéfice d’inventaire, qui permet de limiter sa responsabilité aux actifs de la succession, doit être exercée dans un délai strict d’un mois.
Pour éviter les pièges fiscaux, il est crucial de :
Respecter les délais de paiement des impôts : 6 mois, prolongeable une fois de 6 mois.
Bien évaluer les biens immobiliers : Depuis 2022, la « valeur cadastrale de référence » est la base d’imposition. Déclarer une valeur inférieure peut entraîner un redressement fiscal.
Connaître les réglementations régionales : Les abattements et taux d’imposition varient considérablement d’une communauté autonome à l’autre.
Anticiper les frais : Droits de succession, plus-value municipale, frais de notaire et d’avocat.
Se faire accompagner par un professionnel : Un avocat fiscaliste spécialisé en successions internationales est indispensable.
Depuis le 1er janvier 2022, la base d’imposition pour les droits de succession est la « valeur de référence cadastrale » (« Valor de Referencia »). Cette valeur est déterminée par la Direction Générale du Cadastre et se veut proche de la valeur de marché. Il est possible de la contester si elle est jugée trop élevée, mais il faudra apporter des preuves solides (expertise, etc.).
Un résident français héritant de biens en Espagne sera soumis à une double déclaration, mais pas nécessairement à une double imposition grâce à la convention fiscale franco-espagnole.
1.En Espagne : Paiement des droits de succession sur les biens situés en Espagne.
2.En France : Déclaration de la totalité de la succession (biens en France et en Espagne). L’impôt payé en Espagne viendra en déduction de l’impôt français (mécanisme du crédit d’impôt).
Le rôle du notaire en Espagne est limité à l’authentification des actes. Contrairement à la France, il ne gère pas l’ensemble de la succession. C’est l’avocat qui pilote le dossier, conseille les héritiers, prépare les documents, calcule et paie les impôts.
Non, il n’existe pas de convention spécifique entre la Belgique et l’Espagne pour éviter la double imposition en matière de droits de succession. Cela peut entraîner une double taxation. La Belgique autorise une déduction de l’impôt payé en Espagne, mais les règles sont moins favorables que celles de la convention franco-espagnole.
Les documents essentiels sont :
Certificat de décès
Certificat des dernières volontés (pour savoir s’il existe un testament)
Testament (le cas échéant)
NIE (Numéro d’Identification d’Étranger) de tous les héritiers
Documents d’identité des héritiers
Livret de famille ou actes de naissance/mariage prouvant la filiation
Certificat successoral européen (si la succession est ouverte dans un autre pays de l’UE)
Le NIE (Número de Identificación de Extranjero) est un numéro d’identification fiscale indispensable pour tout étranger ayant des intérêts économiques en Espagne. Oui, il est absolument obligatoire pour accepter une succession, payer les impôts et inscrire les biens à son nom.
Les dettes sont transmises aux héritiers qui acceptent la succession purement et simplement. Pour se protéger, les héritiers peuvent opter pour l’acceptation « à bénéfice d’inventaire ». Dans ce cas, les dettes ne seront payées que jusqu’à concurrence de la valeur des biens hérités, protégeant ainsi le patrimoine personnel des héritiers.
Obtention du NIE pour chaque héritier.
2.Rassemblement des documents (acte de décès, testament, etc.).
3.Signature de l’acte d’acceptation de la succession devant un notaire espagnol.
4.Paiement des droits de succession dans les 6 mois.
5.Paiement de la plus-value municipale (si applicable).
6.Inscription des biens au nom des héritiers (au Registre de la Propriété pour l’immobilier).
L’inventaire est une étape fondamentale. Il permet de lister et d’évaluer précisément tous les actifs (biens immobiliers, comptes bancaires, véhicules, etc.) et tous les passifs (dettes, hypothèques, etc.) du défunt. Un inventaire complet et juste est indispensable pour :
Prendre une décision éclairée : accepter ou renoncer à la succession.
Calculer correctement les droits de succession.
Procéder au partage équitable entre les héritiers.
Les réductions dépendent principalement de la communauté autonome où se situent les biens. Certaines régions (comme l’Andalousie, Madrid ou la Communauté Valencienne) offrent des abattements très importants, voire une quasi-exonération pour les héritiers en ligne directe (enfants, conjoints). Il est donc essentiel de se renseigner sur la législation locale applicable.
Ne tardez pas : Les délais fiscaux sont stricts.
Faites-vous assister par un avocat spécialisé en successions internationales en Espagne dès le début.
N’essayez pas de sous-évaluer les biens : Le fisc espagnol dispose d’outils efficaces pour redresser la valeur.
Obtenez le NIE le plus rapidement possible.
Communiquez entre héritiers pour éviter les blocages.
Un testament fait à l’étranger (par exemple, en France) est valide en Espagne, mais il doit suivre une procédure de validation et d’enregistrement :
1.Obtention d’une copie authentique du testament et de l’acte de notoriété (ou équivalent) du pays d’origine.
2.Apostille de La Haye sur ces documents.
3.Traduction assermentée en espagnol.
4.Présentation à un notaire espagnol qui vérifiera la validité et l’intégrera dans l’acte d’acceptation de la succession.

Table des matières

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